3081-4 : Arthurus Rex
F∴ A∴ A∴
(Arthur, souverain caché d’un centre perdu…à reconstruire. Ou Arthur, un parcours de rectitude…navrée).
« Lors d’une fête solennelle, des moines peu scrupuleux somnolaient durant le sermon au chapitre et, tout à leur plaisir, ronflaient même doucement. Soudain, l’abbé Gevardus s’écria :
– Écoutez, mes frères, écoutez, je vais vous conter une nouvelle histoire très merveilleuse. Il y avait un roi appelé Arthur…
Puis il s’interrompit. Observant ses moines réveillés en sursaut, les oreilles dressées pour entendre la suite, il tira la leçon suivante :
– Voyez, mes frères, votre grande misère. Lorsque je parle de Dieu, vous vous endormez. Mais à peine ai-je prononcé quelque parole légère et un nom fantaisiste, vous voilà soudain en éveil, toutes oreilles ! » (1)
Cette anecdote célèbre racontée par le moine cistercien Césaire de Heisterbach (v. 1180 avant 1250) souligne une grande part du mystère qui nous rassemble aujourd’hui. « Il y avait un roi appelé Arthur… ». L’abbé Gevardus utilise ici ce que l’on appelait un exemplum, un récit efficace, édifiant aussi, plaisant souvent, propre à capter l’attention, pour ramener à la raison ses moines défaillants. Certes, dans le temple fraternel comme dans la salle du chapitre, Arthur peut sembler une singulière thématique à aborder. Pourtant, derrière l’éventuellement « léger » et « fantaisiste » stigmatisé par Gevardus, il existe bel et bien, derrière la figure arthurienne, des principes à l’œuvre, propres à susciter ou à exalter l’éveil ou le réveil.
C’est là, d’ailleurs, une fonction majeure du héros, du héros populaire en particulier, qui cimente une communauté, montre une voie, transmet un message, aide l’humain à tenter de se dépasser par l’exemple. En termes de héros archétypal, instantanément fédérateur, nul doute qu’Arthur en est une figure des plus représentatives.
En préparant cette planche, j’avais hésité entre deux titres. L’un était « Arthur, souverain caché d’un centre perdu…à reconstruire » ; l’autre « Arthur, un parcours de rectitude…navrée » (navrée au sens ancien de blessée). Ces deux intitulés correspondaient bien à la teneur du propos. Mais il m’est apparu que l’intitulé qui résumait le mieux cette intervention dans son amplitude et ses nuances, était tout simplement : Arthurus Rex, Roi Arthur. Tout est là : Arthur, nous le verrons, c’est, étymologiquement, l’ours symbolique véhiculant les notions de polarité, de centralité, d’hibernation, de meurtrissure aussi, et le roi, Rex, donc la souveraineté, la maîtrise et aussi, étymologiquement toujours, la rectitude. Mais c’est aussi, à travers cet antagonisme Arthur/Ours, roi/rectitude axiale, la fusion de la fixité et du dynamisme. Le fait que le simple nom du personnage étudié résume aussi complètement sa dimension démontre qu’avec Arthur nous sommes pleinement dans le monde du symbole, bien au-delà de l’historicité.
Si pour différentes raisons conjoncturelles, on continue de chercher l’éventuelle identification d’un Arthur historique, il apparaît de plus en plus nettement que celle-ci risque de ne jamais aboutir. Pire, qu’elle est vaine car il n’y a probablement aucun lien entre un éventuel chef historico-temporel et le héros archétypal de la littérature dire arthurienne. Je vais donc me concentrer essentiellement sur la dimension symbolique du personnage, sans approfondir son aspect historique, si ce n’est à la marge pour souligner comment, la force exceptionnelle du symbole a pu être récupérée et utilisée farouchement et efficacement à différentes époques par différents groupes ou individus. Ainsi le voit-on outre-manche Breton de Grande Bretagne, gallois pour les uns, écossais pour les autres, cornouaillais de petite ou de Grande-Bretagne, sur le continent Breton d’Armorique… On fait appel à Arthur comme ancêtre archétypal pour fonder des lignes ou asseoir une légitimité. Un Geoffrey de Monmouth (v.1100-1155), dans son Historia Regum Brittaniae, son « Histoire des rois de Bretagne », qui sera la base de la majeure partie de la littérature postérieure, en fait l’ancêtre des Plantagenêt, d’origine normande et qui ont besoin de se trouver une filiation celtique exemplaire. Tout en ajoutant le Graal à la légende, un Chrétien de Troyes (v.1135-v. 1183), au service de Marie de Champagne (la fille d’Aliénor d’Aquitaine et de Louis VII de France) utilise peut-être le mythe d’Arthur pour exalter la survivance et le parti des adversaires de l’époux actuel d’Aliénor, Henri II, opposer un Arthur à l’autre. Ce qui trouvera son aboutissement en la personne du libérateur des Bretons espérés, Arthur Ier de Bretagne, neveu de Richard Cœur de Lion et de Jean-sans-Terre (probablement assassiné par ce dernier). D’une certaine manière, on a là, allégoriquement, le combat de l’ours contre le lion, qui se traduit effectivement dans le monde réel des symboles incarnés où le fauve à crinière remplacera, finalement, le plantigrade en tant que roi des animaux.
Et pour ne prendre qu’un exemple particulier, puisque nous sommes ce jour dans le pays de Rennes, on ne manquera pas de remarquer qu’aujourd’hui, l’une des identifications les plus populaires et remarquées d’Arthur serait avec un saint-soldat d’origine galloise, Arthmael, un saint sauroctone plus connu sous le nom d’Armel, en Bretagne, dont il a représenté longtemps une sorte de messie national, après avoir, dit-on, libéré les Bretons de la tyrannie de Marcus Conomorus, Marc Canmore, au VIe siècle. On connaît Arthur lui aussi comme un personnage lié aux dragons ou l’ayant maîtrisé. Et Armel/Arthmael signifie « Prince ours » alors qu’Arthur est étymologiquement, nous allons le voir, l’ours.
Comme je l’ai indiqué, on ne saura
jamais si le roi de la légende arthurienne se fonde sur un
être précis – et c’est probablement
fondamentalement une question totalement accessoire et vaine. Mais,
dans le cas d’Armel, il est certain que cette identification
fut justifiée et exaltée par le roi Henri VII –
père d’Henri VIII, et, donc, premier Tudor, qui,
une fois encore, avait besoin d’asseoir la
légitimité de son pouvoir, né
d’une usurpation qu’elle soit justifiée
ou non.
Henri VII était convaincu qu’en vainquant Richard
III et en libérant le pays de sa tyrannie, il accomplissait
la prophétie de Merlin qui annonçait le retour
d’Arthur libérateur (Une représentation
d’Armel se trouve d’ailleurs dans sa chapelle
royale de Westminster Abbey). Il existe quantité
d’exemples montrant qu’Armel avait
rencontré un pic de popularité en Angleterre sous
Henri VII, notamment dans les livres de prière. (2)
Arthur, un personnage historique ? Qu’importe. Là n’est pas la problématique essentielle d’une question qui n’aura jamais de réponses probablement et qui est en elle-même une quête de l’inaccessible…et de l’inutile sur un plan symbolique de construction de soi qui est somme toute le sens de cette symbolique arthurienne. Car, à l’instar d’autres personnages archétypaux, tel Robin des Bois – né d’ailleurs, dans sa forme romanesque actuelle, en ce même XIIe siècle -, il puise à bien des sources dont ne se satisferont pas l’identification définitive d’un héros historique, qui, en outre, pourrait le rendre bien falot, sans rendre justice au symbole et donc surtout, à son sens, à son enseignement, à son mystère.
À la recherche d’Arthur, ours et roi
Oui, Arthur fascine. Il relève du domaine archétypal, de l’exemplaire. Pour l’aborder sur un plan symbolique, le point de départ le plus évident peut être son nom ; un nom très présent non seulement dans les anthroponymes, mais dans les toponymes de toute l’Europe. Arthur est un nom d’origine celtique ou brittonique dont il ne fait plus guère de doute pour personne que sa signification est « ours » (3).
« Il existe, écrivait le professeur Christian Guyonvac’h, dans toutes les langues celtiques une série de mots archaïque dérivés du thème arto – « ours » (4). Ils sont très tôt sortis de l’usage, mais ils ont subsisté en gaulois et il en est resté jusqu’à la fin du Moyen Age dans un nombre appréciable de toponymes et d’anthroponymes irlandais, gallois et bretons. Le principal est le nom du roi Arthur qu’il est inutile de vouloir expliquer par un anthroponyme latin Artorius. Il ressort en effet que le nom de l’ours a fait l’objet d’une métaphore appliquée au roi ». (5)
Dès lors, comme souvent en pareil cas archaïque, on a pu se demander si ce terme désignait initialement un nom propre ou un titre. D’ailleurs, avant Monmouth (6), Arthur ne se voit jamais donner spécifiquement ce titre de roi (il est un « chef de guerre »). Peut-être parce que le terme aurait été redondant.
Certains, comme Hersart de la Villemarqué, ont pensé qu’il pouvait être issu d’une ancienne divinité. S’il a existé une déesse ours celte répondant au nom Artio (7), particulièrement attestée du côté du canton suisse de Berne, il est quasi impossible de trouver trace d’une divinité ours masculine, même si des auteurs ont pu faire état d’un prétendu dieu ours Artor qui aurait été l’époux d’une déesse de la fertilité Gwenhwyfair.
Pour autant, il y a probablement un substrat mythologique Ursin évident perdu (au moins nominalement), qui lie intimement un Arthur à, par exemple, un personnage du folklore français comme Jean de l’Ours, dont les récits respectifs ne manquent pas de parallèles (8).
Toujours est-il qu’on se souvient que l’ours a été, bien avant le lion, le roi des animaux, que le second a fini par détrôner. Or, l’ours royal est une symbolique particulièrement bien adaptée à Arthur, à différents points de vue. Il est un roi hibernant, dormant, disparaissant, dans l’attente d’un réveil dans un nouvel âge d’or, un nouveau printemps. Il est blessé aussi comme l’ours l’a été par le lion. Le plantigrade est aussi, comme on le sait, lié au miel, à la miellée, ce breuvage sacré et initiatique de l’ancien Occident. Le miel avait la couleur de l’or, la matière alchimique ultime de transformation. Dans la tradition nordique, il était l’ingrédient premier de l’hydromel sacré, constitué du sang du nain savant sacrifié Kvasir, ajouté au crachat des dieux – qui peut être vue comme la parole en général, ou la parole vile, l’écume, la lie, transmutée par le processus alchimique), le tout assemblé dans un chaudron qui est la forme première, le gradale, du futur Graal.
Le miel est aussi fréquemment associé, ne serait-ce que par sa couleur, à l’ambre, l’un des trésors symboliques les plus précieux de l’ancien monde. Alors que l’on raconte qu’Arthur a vécu ou construit bien des demeures de verre, il faut noter que le terme ancien glas, désignait aussi bien le verre proprement dit que l’ambre. Là encore, nous aurons l’occasion de revenir sur cette thématique de l’ambre doré.
Voilà brièvement pour le nom symbolique d’Arthur. Et celui-ci est roi. Il est peut-être même l’archétype du souverain (9). Or, étymologiquement toujours, le roi – le rex – est « celui qui dirige en droite ligne », donc dans la rectitude (du latin rex, roi, et de regere, diriger, issu de l’indo-européen reg/rig [diriger en droite ligne]). En somme, le roi est le souverain – ou maître – de rectitude.
Cette rectitude nous amène à la notion de polarité – centrale, c’est le cas de le dire, dans la thématique arthurienne. Si le terme français, pôle, confine à l’idée d’antagonisme entre deux opposés, la même idée en anglais conserve son sens originel d’axialité. On remarque qu’en anglais, le terme pole désigne un pieu ou un bâton.

En sa qualité de roi, Arthur est l’axe, le pôle de la nation, le lien entre les humains et le ou les dieux, ce qu’incarne son sceptre. On en retrouve la symbolique dans la fleur de lys, héritière directe de l’Irminsul, représentation de l’axe de vie/arbre du monde Yggdrasill (10). Cette association d’Arthur à l’axe, au centre, est loin d’être vaine. Elle trouve son fondement dans l’extraction de l’épée plantée dans la pierre. À cet instant, l’ours dynamique s’ancre, prend possession de sa fixité. Mais à ce stade, ce n’est qu’un passage, une potentialité, un « axe » que l’être totémique se donne. Mais le rapport d’Arthur à l’axe aura encore des ramifications – encore un terme idoine – dans le triangle amoureux qu’il formera avec Lancelot et Guenièvre. Par l’adultère dont il est la victime, il devient le roi « cornu », mais des cornes qui, dans la conception traditionnelle, lui conféraient la puissance et qui, dans la symbolique ancienne, le transformait en homme-arbre ayant sa ramure dans les cieux, au contact avec les dieux.
Symboliquement, l’arbre-axe du monde – ou le sceptre – représente le centre et a son reflet dans le ciel à travers l’étoile polaire. Or on sait que l’étoile polaire change au cours des siècles. Pendant longtemps, elle a été l’étoile alpha draconis, alpha du dragon (11), ce qui referme la boucle entre Arthur et Pendragon.
C’est là que l’on entre de plain-pied dans le message d’Arthur, réel ou fantasmé. L’une des clés, peut-être, de la fascination qu’exerce Arthur et sa pérennité depuis des temps immémoriaux. Certes, nous venons de le voir, il est roi, donc axe cosmique. Mais précisément, dans cette vision cosmique, de par son nom même, il est en relation avec les constellations de l’Ourse, petite ou grande, indissolublement associées à l’actuelle étoile polaire, comme n’a pas manqué de le souligner René Guénon.
Guénon, d’ailleurs, ajoutait qu’anciennement, la grande Ourse était couramment appelée la Balance, signe qui n’était pas alors intégré dans la vision zodiacale. Or, complétait-il, la notion de balance cosmique, polaire, est « en rapport avec le nom de Tula, donné originairement au centre hyperboréen de la tradition primordiale » 12, que les anciens Grecs appelaient Thulé (13). D’emblée, nous avons ici la fusion astrale de la fixité Balance/Tula/Centre primordial et du dynamisme Balance/Ourse.
Sur le plan symbolique terrestre, Arthur incarne donc parfaitement cette complétude supra-humaine, cosmique, de la fixité et du dynamisme, longtemps symbolisé dans le monde entier par un symbole comme la svastika, « ce qui est bien », le garant du bon ordre du monde, celui qui le fait avancer.
C’est bien d’un parcours initiatique qu’il s’agit ici.
Un parcours initiatique vers Camelot
Arthur naît de l’écume du
dragon, son père Uther Pendragon. Il est arraché
à sa mère, sa
matrice-terre, pour rester d’une certaine manière
cachée et méditer dans l’antre de la
terre.
Avant même d’avoir fait la preuve de ses capacités – mais il s’y est subliminalement préparé, il réussit une épreuve majeure, son initiation, retirer l’épée de la pierre. À cet instant, le dynamisme a fusionné avec la fixité, mais il ne l’a pas intégré. Pour cela, il va devoir recevoir son enseignement, que Merlin va lui dispenser. Progressivement, il découvre aussi la polarité, le double axe, le double pilier qu’il va former avec la femme, relation qui sera bientôt triangulaire.
Il est maintenant roi, c’est-à-dire, comme nous l’avons vu, maître de rectitude. Et il va commencer à bâtir, à bâtir sur différents plans. Sur le plan physique, il construit Camelot et d’autres demeures, bien souvent à forte composante d’or. Il va aussi construire la table ronde et donc, symboliquement, la fraternité des chevaliers qui se rassemble autour. Et, pour rester dans la symbolique astrale que nous évoquions, il n’est pas fortuit que ces chevaliers de la table ronde aient été généralement au nombre de 12 ou de 144, autrement dit 12×12.
Mais à ces constructions qu’il élabore, à ces cercles qu’il assemble, il manque un centre. Un centre sans lequel il ne peut y avoir de reconnaissance réelle de la périphérie, du groupe qui se trouve autour. A ce stade, lui-même, Arthur, ne s’est pas encore identifié comme un centre potentiel. Donc ce centre, il va en faire l’objet de la quête, le Graal.
Étrange quête que celle-ci ? Alors qu’elle ressemble à une quête de soi, à une recherche d’un but, d’une essence qui lui fait semble-t-il défaut, il n’y prend pas part lui-même, mais délègue. Déjà, dans cette symbolique du temps qui passe, de la roue du monde – qui est l’origine du mot rite (de l’indo-européen rta) -, Arthur a commencé à prendre conscience de la décomposition, de l’ébranlement de son axe. Bien sûr qu’il ne peut prendre part à la quête – même si lui ne le sait pas – puisqu’il est l’objet de la quête lui-même, le centre de ce monde. Et ce ne peut être que les êtres de la périphérie qui sont en mesure de l’accomplir pour lui.
Il
est au centre, mais tant qu’il n’a pas
été
régénéré en quelque sorte
par le Graal – ou simplement sa quête –, sa
rectitude n’est qu’imparfaite. Il est le roi
blessé, le roi pécheur (bien pécheur
et non pêcheur). Lui qui est pourtant le souverain
archétypal comment peut-il se retrouver dans une telle
posture ? Les causes sont nombreuses et elles reposent toujours sur une
dynamique paradoxale, polaire, une alternance entre bien et mal, comme
sur le fil du rasoir, ou le pont périlleux des
légendes arthuriennes. Sa conception même a
reposé sur une trahison puisque Uther Pendragon a pris le
masque du duc de Cornouailles pour séduire sa femme Ygraine.
Dès sa naissance, il est arraché à sa
mère. Il se bat peu, mais pour vaincre Lancelot, le meilleur
des chevaliers, il va user de stratagème et ne
l’emportera que grâce à la puissance
magique de l’épée flamboyante Excalibur
et non à ses propres qualités
guerrières. Il va épouser Guenièvre
qui le trompera à peine mariée. Ils
n’auront pas d’enfants ensemble, mais lui en aura
un avec sa demi-sœur Morgane qui refermera la boucle de la
trahison en s’étant, comme Uther,
présentée masquée devant Arthur.
L’incarnation même de sa puissance axiale, le
fondement de celle-ci, Excalibur, va être brisée
comme châtiment de toutes ses erreurs. On le voit, Arthur
n’est qu’un être imparfait. Il a
été désaxé, son axe est
brisé. Il est à la
périphérie de lui-même, de la table
ronde. Et pour retrouver la perfection, pour redevenir ou devenir
pleinement le point au centre du cercle, il va mettre en place un rite
(14) : la quête du Graal, comme une sorte de guide de vie. Si
cette quête aboutit, il aura transmuté
l’être imparfait, impuissant, vil, en un
être d’or, dont le point dans le cercle est
l’un des symboles, tout en représentant
l’Un, l’œil de Dieu ou la
vérité, la parole juste. Or le point dans le
cercle, pour revenir à Arthur, est
généralement considéré
comme l’image de la croix en mouvement tournant autour de son
centre, donc le rappel du svastika aussi, cette alliance de la
fixité et du dynamisme.
Disons-le tout de suite, puisque ce n’est guère un secret : cette quête de perfection restera inachevé ; au moins jusqu’à sa mort. Le pays va continuer de décliner, de devenir le Gasté Pays de la légende arthurienne, le pays désolé, dévasté. L’un après l’autre, les chevaliers vont échouer dans leur quête sauf peut-être un, Parsifal-Perceval dans certains récits (qui n’est peut-être que la personnification d’Excalibur ; Perceval étant Perce-bien et Excalibur, tranche bien ou tranche durement) ou Galaad, le preux, le fils de Lancelot, dans des récits plus tardifs. Et les armées d’Arthur finissent par être vaincues par celles de son fils incestueux, Mordred.
Alors Arthur part pour Avalon, la terre du Soleil, pour Guénon, l’île des pommes d’éternité, étymologiquement, le séjour bienheureux au nord, où il attendra son retour et où, enfin, il va pouvoir se régénérer, se perfectionner dans la mort. Avalon que l’on a appelé aussi l’île verte (le vert lié à la pomme, à l’éternel recommencement de la verdure, mais aussi au vitriol vert). D’une certaine manière, l’homme en quête de perfection est revenu au commencement…pour un nouveau départ.
L’Eveil et les Dormants
Nous nous retrouvons ici dans cette vision cyclique chère à bien des sociétés traditionnelles de l’Inde à la Grèce en passant par l’Europe du Nord ou les Sud-Amérindiens. Ainsi, un autre penseur traditionnel, Julius Evola, évoque lui aussi la figure d’Arthur et des dormants, notamment dans Le mystère du Graal : « C’est un thème, dit-il, qui remonte à la plus haute antiquité et qui a aussi un certain rapport avec la doctrine des « manifestations cycliques » ou avatar, relative à la manifestation, à des moments déterminés et sous des formes variées, d’un principe unique qui, durant les périodes intermédiaires, subsiste à l’état latent ». (15)
Dans cette circonstance, la figure d’Arthur ne
peut que faire penser à l’ancienne
divinité apollonienne et solaire du nord de
l’Europe Balder – qui ne manque pas de rapport avec le
Belenos celtique, le dieu de l’île des morts Tom
Belen (autrement dit le Mont Saint Michel) qui terrasse le dragon. On
sait peu de choses de Balder. Il intervient peu dans les affaires des
autres dieux, comme Arthur intervient peu dans celles de ses
chevaliers. Mais son mythe est l’un des plus marquants :
censé être immortel, il est sacrifié au
zénith de sa gloire par une ruse du dieu-trickster Loki et
part reposer dans le séjour des morts en attendant son
retour à l’âge d’or –
l’âge où, dans l’herbe de la
plain d’Ida, seront retrouvées les tablettes
d’or sur lesquelles
sont
inscrits tous les secrets authentiques. Une parfaite
évocation du Graal-pierre.
Les relations entre Arthur et des héros apolliniens ne manquent pas. Contentons-nous de citer ici Lohengrin, le chevalier au cygne (attribut d’Apollon) gardien du Graal à Montsalvage, chez Wolfram d’Eschenbach, dont, notamment, le voyage sur la barque évoque le départ d’Arthur pour Avalon.
On croit savoir que le roi – et on l’espère ce qui aide à tenir dans les périodes de stress ou d’obscurité, de chaos – n’est pas mort, qu’il se réveillera un jour. Il subsiste à l’état latent dans ce centre inaccessible où sont abolies les lois de la mort et du temps.
« Une royauté sacrée à l’état de sommeil ou de mort apparente, ajoute Evola, est proche, d’une majesté royale déchue, lésée, paralysée, non dans son principe intangible, mais en la personne de ses représentants extérieurs et historiques ». (16)
Comme le précise Yves-Marie-Bercé, l’endormissement ne fait naturellement pas disparaître les droits du dormeur, mais seul l’Éveil amène la mise en œuvre de ces droits (17). Le roi caché n’empêche pas le malheur du pays, mais c’est l’Éveil permet le Salut. En somme, le roi dormant règne et ne règne pas. Il vit et ne vit pas. Comment s’étonner, dès lors qu’Arthur soit si peu présent physiquement dans la littérature arthurienne, comme les fées se manifestent peu dans les contes de fées, mais il est là comme une présence immanente, à l’instar d’un Merlin, prisonnier dans sa prison de verre et pourtant plus actif psychiquement que jamais. Nous sommes bien là encore une fois dans le paradoxe de l’Éveil.
Les récits de dormants sont nombreux dans l’imaginaire, mais il n’est pas nécessairement fortuit qu’ils se soient particulièrement incarnés, historiquement, à la fin du XIIe siècle, début du XIIIe, dans la personne de personnages comme les empereurs éclairés Frédéric Ier Barberousse (mort en 1190) ou son petit-fils Frédéric II Hohenstaufen (qui monte sur le trône en 1220), autrement dit au cœur de la grande période de la légende arthurienne.
Dans cet éternel retour en soi ou aux origines, on remarque que la quasi-totalité de ces dormants partent reposer dans ce temps de latence en une grotte, dans l’intérieur de la terre, où ils attendent près du dragon – qui n’est sans doute qu’eux-mêmes – veillant sur l’or, toute la richesse, tout le potentiel non exprimé. C’est le cas des Frédéric ou de Balder déjà évoqués.
Certes stricto sensu, Arthur part pour une île
(18). Mais on ne sait où il réside
réellement sur celle-ci. Or ce qui importe, c’est
qu’il s’agit d’une île des
morts, une île que Guénon liait à
Bélenos précisément, alors que
lui-même, Arthur, est explicitement un Pendragon. Et,
à défaut de grotte, il repose au moins dans un
antre de verre (Caer Wydr), comme Merlin, ou
d’ambre doré,
comme
nous l’avons suggéré.
Il n’est pas davantage fortuit que ce soit
à Glastonbury qu’Henri II ait découvert
ou fait découvrir (entre 1189 et 1199) la tombe
d’Arthur et de Guenièvre, Glastonbury souvent
identifiée comme l’île
d’Avalon, dont le nom évoque
précisément cette ville-ambre ou verre,
Glastonbury au cœur d’un zodiaque gigantesque
retrouvé en 1935 par Katherine Maltwood (19), Glastonbury
où la légende disait que Joseph
d’Arimathie était venu planter son
bâton, son axe, qui aurait donné un buisson
d’aubépines toujours visible. Encore une fois, le
personnage d’Arthur a servi à asseoir une
intention, à légitimer une volonté
forte.
Arthur a disparu avec ses secrets s’il en avait. Peut-être lui a-t-on rapporté le Graal. Mais, même si tel était le cas, les secrets du Graal auraient disparu avec lui. Comme le disait le Parsifal de Wolfram Von Eschenbach qui en faisait une pierre, l’émeraude tombée du diadème de Lucifer, les secrets du Graal, les vrais noms de dieu, étaient écrits sur celui-ci, mais une fois lus, ils disparaissaient.
Arthur est parti avec ses secrets et, en attendant son retour, on lui en a substitué. Du mythe des premiers temps à dimension astrale et polaire, on a fait une épopée chevaleresque. Le Graal pierre, livre ou chaudron des origines contenant le sang de Kvasir ou de quelque autre entité de connaissance, on a substitué le récit de la coupe christique, telle une transmutation flamboyante de la légende.
La symbolique d’Arthur nous parle de la quête de soi, de l’harmonisation entre l’être en mouvement et son centre. D’une certaine manière, si les premiers textes arthuriens – notamment chez Monmouth – ne parlaient pas du Graal, c’est qu’Arthur est le Graal. Il l’est en potentiel, car c’est la fusion du dynamisme et de la fixité, la réalisation du point dans le cercle. Alors que navré, il se meurt, le rite de perfectionnement qu’il met en place doit lui permettre d’accéder au Graal : de le devenir bel et bien. Mais seulement après une ultime étape qui le fait basculer dans le royaume de la mort…sans être pour autant nécessairement mort au sens physique.
Certes, avec Arthur, et pour en revenir à nos moines de Césaire, nous avons sûrement affaire, tout au moins dans la forme qu’on lui connaît, à une présentation profane, « légère et fantaisiste », d’un mythe que l’on restituera autrement. Derrière l’Arthur navré, on pourra voir Hiram, au lieu de l’arbre sec, l’acacia, des secrets perdus derrière le Graal à retrouver, et ainsi de suite. Mais au bout du compte, il y a toujours ce même esprit d’invitation à la quête, de désir de connaissance de soi et de découverte de son Centre.
Le roi Arthur participe de cette « Sociologie de l’Espérance », qu’évoquait Henri Desroches. Il reviendra. Il reviendra parce que nous le découvrirons en nous, en notre centre, le jour où nous serons transformés, après avoir accompli cette quête/voyage/initiation. Et peut-être que pour beaucoup hier, aujourd’hui et demain, la figure d’Arthur aura été ou sera l’un des premiers jalons sur un chemin conduisant à la porte du Temple. Et pour cela, il mérite qu’on s’y arrête un instant.
Comme le disait le titre de l’exposition de 2008 à Rennes, Arthur est une « légende en devenir ». Elle n’a pas fini de se transformer et de nous transformer.
J’ai dit.

(1) Caesarius von Heisterbach, Dialogus Miraculorum, IV, 36.
(2) The Quest for the Celtic Key, Ralls-McLeod et Robertson, pp. 202-203.
(3) Art en vieux celtique ou en ancien irlandais, arth en vieux breton et vieux gallois, artos en gaulois, arzh en breton d’aujourd’hui…
(4) Lui-même, selon le professeur J. Pokorny, rattaché à une racine indo-européenne rktos.
(5) « La pierre, l’ours et le roi : gaulois ARTOS, irlandais art, gallois arth, breton arzh, le nom du roi Arthur. Notes d’étymologie et de lexicographie gauloise et celtique », in Celticum, 16, 1967, p. 238.
(6) Les premières mentions d’Arthur commencent dès le VIe siècle, dans des textes comme le poème Gododdin, l’Historia Brittonium de Nennius (IXe), les Annales cambriennes, les Mabinogi gallois…
(7) Que certains ont voulu rapprocher d’Artémis, dont un attribut était précisément l’ours (arctos en grec).
(8) Naissance merveilleuse, enfance sauvage à l’écart, exploits, acquisition d’un auxiliaire magique (une canne pour Jean, l’épée Excalibur pour Arthur), le combat contre des monstres…
(9) Un chant du Barzaz-Breiz, compilé par Hersart de la Villemarqué, parlait d’Arthur comme du « chef suprême des Bretons, Arthur, qui n’a pas encore trouvé son pareil depuis qu’il est sur la terre ». (Saint Efflam et le roi Arthur, p. 650) (« Gand penntiern ar Vretoned, Arzur, a n’euz kavet he bar, Abaoe ‘ma war ann douar ».) Hersart de la Villemarqué ajoutait ailleurs : « La popularité dont jouit en Bretagne le nom d’Arthur est l’un des phénomènes les plus curieux de l’histoire de la fidélité bretonne. Ce nom, primitivement porté par une divinité guerrière, le fut, au sixième siècle, par un chef illustre, mort en défendant sa patrie, et auquel on attribua plusieurs des vertus surhumaines de son homonyme adoré ». (Argument de « La Marche d’Arthur », p. 127).
(10) Dont le mythologue Mircea Eliade disait qu’il était « l’arbre du monde archétypal ».
(11) Autour des siècles du quatrième-troisième millénaire avant l’ère commune.
(12) Guénon, op. cit., p. 95. Dans Le Roi du Monde (p. 83), il précisait : « Le mot Tula, en sanscrit, signifie « balance » et il désigne en particulier le signe zodiacal de ce nom. (…) Cette remarque est de la plus grande importance, car le symbolisme qui se rattache à la Grande Ourse est naturellement lié de la façon la plus étroite à celui du Pôle.
(13) Anecdotiquement, on remarquera que le seigneur-roi du centre primordial – quelle que soit sa localisation – est appelé le prince ou le prêtre Jean ; nom qui nous ramène à Jean de l’Ours, une figure arthurienne du folklore français.
(14) Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur le rapport originel dans la langue indo-européenne, entre la racine rta-, la roue, qui a donné rite, et la racine rkots, de l’ours et donc d’Arthur.
(15) Le Mystère du Graal, p. 55.
(16) Ibid.
(17) Le Roi caché, p. 255. Y.-M. Bercé en profite pour rappeler que la symbolique du sacre des rois de France comprenait une mise en scène d’éveil. Depuis la mort de son prédécesseur, le dauphin était réputé roi, mais était considéré comme dormant. Avec le sacre [donc son réveil ritualisé], « le roi accédait à une conscience nouvelle, passait un seuil rituel au-delà duquel ses prérogatives et ses volontés auraient non pas plus de droit, mais plus de force et de lumière ». (Ibid).
(18) Une île dite verte, dans les traditions celtiques, alors que Tula, le centre primordial, est souvent appelé l’ « île blanche ». Mais comme le précise Guénon : au centre de l’île verte « s’élève une « montagne blanche », qui n’est, dit-on, submergée par aucun déluge et dont le sommet est lui-même de couleur pourpre ». (Le roi du monde, p. 85). L’île verte est aussi appelée « Séjour des bienheureux » ou « île des Saints », ce qui renvoie à l’île frisonne d’Héligoland, littéralement « l’île sacrée », qui était une des îles principales sur la route de l’ambre et qui était liée au dieu Balder et à son fils Forseti.
(19) Dont Guénon disait qu’elle était « bien réellement liée à une représentation du ciel zodiacal (…) autour de laquelle siège douze personnages principaux ». Il ajoutait que, selon lui, les histoires concernant les « Chevaliers de la Table ronde » présentaient une correspondance avec les effigies stellaires de Glastonbury et « c’est là une chose d’autant moins invraisemblable qu’elle est, au fond, tout à fait conforme aux lois générales du symbolisme ». (La Terre du Soleil, in Symboles de la Science sacrée, p. 94).
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