Le Compas
Non communiqué

On
utilise
communément le compas pour décrire un cercle
à partir d’un point donné. Son nom
provient de l’ancien français «
compasser » qui signifie le plus souvent «
régler avec une exactitude minutieuse ». Son
origine repose sur la même racine
que « compassion » qui correspond à
l’hébreux « C’HEMLA’
» Heth Mem Lamed He,
terme féminin qui veut dire « pitié
». Cette racine a pour signification de
partager les malheurs d’autrui. Cela nous porte à
penser que ce qui se trouve
dans le cercle relève du partage. Ainsi, le compas
délimite le monde mais
aussi, définit ce qu’il contient. Il
s’agit bien entendu de « cum-patire »,
«
éprouver avec… ». Cette
étymologie latine nous guide vers la « passion
» par le
fait qu’il s’agit de partager des souffrances.
« Passio », « supporter », est
issu du verbe « patior » signifiant «
souffrir », « endurer » et qui recoupe un
ensemble d’état dans lequel l’individu
est passif face à son propre destin en
opposition à celui dont il pourrait maîtriser les
causes. C’est pourquoi le
Grand Architecte est celui qui maîtrise le Compas. On
comprend que cette
définition pour le moins passive correspond bien au seul
Compas considéré
analogiquement comme la part féminine œuvrant
à la Création du Monde.
Par extension, le Compas représente ce qu’il
forme, c’est à dire un cercle et
c’est pourquoi il est le symbole du principe de
compréhension multiple, d’«
omniscience », de « pentocratie
» de la manifestation divine. C’est par le
Compas que l’œuvre se construit « dans
son ensemble » parce que le Compas aide
à construire ce qui contient l’ensemble, un cercle
qui ne commence ni ne finit
nulle part, la conscience visible du Temps. C’est ainsi
qu’il est dit, dans les
Proverbes :
«
Lorsqu’il
disposa les cieux, j’étais là; Lorsqu’il
traça un cercle à la surface de
l’abîme,
Lorsqu’il fixa les nuages en haut, Et que les sources de
l’abîme jaillirent
avec force,
Lorsqu’il donna une limite à la mer, Pour que les eaux n’en
franchissent pas
les bords, Lorsqu’il posa les fondements de la terre »
Pro.8 ; 27-29”
Pour le
franc-maçon, le compas sert à
déterminer avec exactitude et rectitude
les proportions de la stéréotomie afin de
régler le plus parfaitement les
dimensions de la pierre. Le Compas symbolise
l’impartialité et la perfection de
l’œuvre de Création du Grand Architecte.
Cette exactitude nous contraint à la
méditation et à l’admiration
d’une construction dont l’objectif est la
perfection et dont il nous appartient de maintenir
l’équilibre.
Le Compas, par le fait
qu’il définit les contours du devoir, rappelle
qu’il est
bon de conserver « à
l’intérieur », les passions et les
préjugés.