Tolérance, amour et solidarité

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Vaste programme vous en conviendrez qui j’espère ne sera pas trop long. (j’ ai toujours prôné des planches courtes), je ne suis d’ailleurs pas le seul, et si l’on souhaite une analyse globale d’un sujet et une concentration maximale, il ne faut pas faire durer les choses, mais il est bien délicat de découvrir ces 3 vertus sans les décortiquer avant de les assembler.

Je vous présente ce midi la continuité de mon travail depuis 97. La première planche titrait ASSOCIATIVITE/ LA LOGE. J’ai travaillé ensuite sur l’ HOSPITALIER, pour suivre sur LA PLANCHE AMITIE – FRATERNITE, et aujourd’hui La TOLERANCE L’AMOUR ET LA SOLIDARITE.Il y aura une 5ème planche, je ne vous en découvre pas encore le titre. Elle devrait être la quintessence et le résumé des 4 premières. Je souhaite qu’elle soit  la 1ère pierre d’un travail pour l’avenir servant de base à bon nombre de raisonnements et de positions de la vie de tous les jours.

Le regroupement d’hommes dans l’hexagone passe très souvent par la participation a une association. Qui n’est d’ailleurs pas « Président en France ».

Cette associativité n’est viable qu ‘avec de la solidarité entre ses membres. La composition de 5 à 7 membres reposera sur un but, une passion certes, mais surtout avec de la complicité et de l’amitié entre les hommes qui la compose et de l ‘amour dans la passion en se dépassant soi même pour atteindre un but que l’on souhaite le plus parfait possible.

La tolérance en associativité est d’accepter les limites de chacun et d’en faire fructifier les essences minimum.

Mais qu’est ce que la Tolérance. Une des définitions littéraire est l’action de supporter avec patience et bienveillance des personnes ayant des idées ou sentiments contraires aux nôtres.

En maçonnerie, nous travaillons à l’amélioration de la condition humaine tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien être matériel. Le maçon recherche constamment la vérité et la justice sans entraves ni limites. Beaucoup de moyens existent en Franc Maçonnerie pour se préparer psychologiquement à la recherche de la vérité et de la justice.

Mais qu’est ce que la Vérité ?

Proposons que la vérité est l’accord parfait entre une affirmation de faits et toutes les expérimentations possibles. Mais, une affirmation n’est vraie et totale que dans un domaine et un temps donné. Elle ne peut donc être universelle. Il faut donc respecter le jugement et l’analyse de chacun, être prudent, et toujours prêt à recevoir la critique. La tolérance commence ici.

Dans l’évangile de St Jean « l’évangéliste », que l’on fête l’hiver, 4ème évangile dans lequel les diverses parties de son ensemble ne peuvent être saisies d’un seul coup d’oil tout comme ceux de St Mathieu, St Marc et St Luc. Cet évangile (dit de la lumière et de l’amour) est le texte de la bible pris en référence par les Maçons de la G.L.de France. D’autres textes ou documents peuvent être désignés comme livres de la loi sacrée mais ils n’ont pas le sens du livre en maçonnerie mais de référence à une libre interprétation du texte qui ne va pas dans le sens de la révélation mais de la transcendance vers le progrès et la connaissance. C’est bien parce que l’homme est capable de rompre avec la sphère de la volonté de puissance pour celle de l’amour, qu’il peut parier sur le sens de la transcendance.

Ainsi la bible a la G.L. de France (comme livre de la loi sacrée) est un livre de Tolérance

La G.L. de France assure pour chaque homme, la libre recherche sans nier ses enracinements personnels, culturels, ou religieux. La liberté de penser est assurée plus que la liberté de conscience.

· La liberté de conscience est une tolérance négative. (celle qui tolère l’erreur supposée chez l’autre, qui ne fait qu’accepter son errance).

· La liberté de pensée est une tolérance positive, celle qui transforme l’ errance en quête. Elle assure la pluralité des chemins de cette quête afin que règne la fraternité entre les hommes. C’est après ces propos que l’on affirme que le F M doit être ou est TOLERANT.

A la G.L. de France, l’amour fraternel est une valeur humaine digne d’être proposée au monde qui nous entoure parce qu’elle nous encourage à répandre la semence de notre patrimoine spirituel à tous les êtres humains qui veulent devenir et rester frères. C’est le terme FRERE qui fait la différence. Le maçon de la G.L. de France doit et sait donner. Nous affirmons qu’il n’est pas donné à tout le monde de considérer chaque parcelle de ce que l’on possède comme une graine à semer, plutôt que comme une réserve à emmagasiner dans un grenier personnel.

Pourquoi cette affection fraternelle amène l’amour fraternel, peut être parce que pour être authentique, valable, agissante, solide et durable, cette affection fraternelle a besoin de se maintenir au dessus d’un seuil critique, en dessous les liens peuvent dépérir.

Dans une très grande intensité, il se produit une réaction en chaîne. Cette réaction a lieu à l’intérieur de la loge et ses effets se font sentir bien au delà ;

Dans la loge étant admis et reçus, nous devenons frères on pourrait être proches, semblables, pareils, égaux, le rôle de frère confère une valeur affective qui nous donne l’amour.

Lorsque le premier surveillant clame que l’amour règne parmi les hommes, la colonnette DORIQUE s’éteint, c’est le coucher du soleil à l’occident. Comment ne pas faire une liaison entre l’amour et la nuit. Bien des exemples de la vie courante nous y ramèneraient, y a t-il coïncidence pour que l’amour règne parmi les hommes dans un milieu sombre. Celui ci signifie en maçonnerie la fin des travaux et certainement le début d’autres travaux : ceux de l’AMOUR.Néanmoins, outre ce concours de circonstances, l’amour doit exister 24 heures sur 24, qu’il fasse jour ou nuit. Que l’on ait la lumière ou non Saint Augustin a écrit : « La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure » et Emile FAGUET « Un compliment c’est un peu d’amour dans beaucoup d’esprit ». Cette 2ème maxime se rapproche de l’amour de la passion, celui que l’on connaît en associativité, mais qui est très présent en FM.

Le Baron TAYLOR est cité au centre de mon travail peut être parce qu’il reflète la symbiose des 3 thèmes abordés : TOLERANCE, AMOUR  et SOLIDARITE.

Il a écrit : « Il faut secourir avant d’être secouru c’est ainsi que le secours honore et, celui qui le reçoit et, ceux qui le donne. ».

Il fut membre du suprême conseil de France du rite écossais en 1840 et devint Lieutenant Grand Commandeur en 1869. Mort en 1879, Victor Hugo écrira : « Je lui serrai la main à travers la tombe ».

Sur ces 90 ans de vie, le Baron Taylor a beaucoup voyagé pour apporter à la France un patrimoine exceptionnel, sculptures, tableaux, c’est lui qui fit revenir l’obélisque Place de la Concorde.

Il fit ramener pour Louis Philippe une grande collection d’ouvres espagnoles : MURILLO, RIBERA, GRECO, VELASQUEZ, ZURBARAN, GOYA. Il défendit les artistes aux statuts précaires et fit créer la Société des auteurs dramatiques et lyriques des artistes peintres, sculpteurs, architectes, des graveurs et dessinateurs, des artistes musiciens et celle des inventeurs et artistes industriels. Depuis 130 ans ces sociétés existent toujours apportant entraides confraternelles et compréhension humaine. Taylor, par la réussite de ces entreprises reçu l’adhésion totale et l’ hommage d’hommes les plus remarquables et des plus grands artistes. Citons : DELACROIX, COURBOT, COROT, MONET, CEZAME, auxquels s’ajoutèrent les philosophes : ROTSCHILL, REHARD WALLACE et NAPOLEON II, celui que l’on appelait le Père des artistes, nous conduisit à la croisade des cours, dans un véritable amour des hommes et des connaissances.

La citation d’Angelius Silesius s’adapte bien au Baron Taylor, il écrit : « La noblesse de l’âme est dans le seul amour ».

Revenons à la maçonnerie. On peut affirmer que l’amour est l’âme du symbole, il est actualisation du symbole puisque celui ci est la réunion de 2 parties séparées, de la connaissance et de l’Etre.

L’erreur capitale de l’amour est qu’une partie se prenne pour le tout. C’est donc dans ce partage que la Franc Maçonnerie devient solidaire. Le but est que les uns ne peuvent se développer et être heureux que si les autres le peuvent aussi. Cette solidarité oblige les personnes les unes aux autres, ce qui ne représente pas totalement l’esprit maçonnique.

On peut distinguer 3 solidarités internationales à l’intérieur du mondialisme :

1) La solidarité des intérêts entre pays. Les plus pauvres sont aidés par les plus riches. Intérêts de ces derniers à accorder leur assistance, intérêt qui peut se traduire par des transactions commerciales et financières, par des crédits, des emprunts et des missions éducatrices, des stages de formation, en somme par des échanges profitables aux 2 parties.

2) Des peuples sous développés se réclament du principe humanitaire et de la solidarité, au fond ils demandent exactement les mêmes services que ceux que j’ai décrit en 1er mais avec une motivation différente. Une contre partie physique et immédiate est dans ce cas demandée. Elle est fournie par la richesse du pays « pétrole, mines. ». La formation intervient bien plus tard.

3) Un 3ème groupe se veut plus menaçant : Si on ne nous aide pas, cela se traduira finalement par la guerre ou quelques autres phénomènes violents.

Ces 3 pôles sont donc : Intérêts, Humanisme, Péril mortel

En maçonnerie la solidarité a un sens plus éthique et moral. Néanmoins par des comportements liés à la sociologie, le maçon peut apporter par son instinct grégaire à rassembler, un comportement différent chez les hommes avant qu’ils en arrivent à des solutions extrêmes où qu’ils n’assument pas entre eux des solutions adaptées.

On retrouve chez les animaux cet esprit, le phénomène de troupeau, la ruche, la termitière ou la fourmilière. Néanmoins l’aspect change dès lors que l’on institue des règles de comportement et dès que l’on y impose une hiérarchie.

La Bible en a été un outil important, bien qu’introduisant une notion de commandement.

« Aime ton prochain »

Aime le parce qu’il est l’enfant d’une même paternité ou de maternité divine.

Or simultanément naît la notion d’ennemi. La notion décrivant celui qui n’ est pas comme toi, qui n’a pas de liens familiaux avec toi, qui  appartient à une autre collectivité locale, tribale, socio-politique, raciale. L’ ennemi, parce qu’il entend vivre à tes dépends et, qu’à tout  prendre, il est préférable de l’asservir que de lui obéir.

La maçonnerie, elle, apportera au groupe rassemblé la notion de faire à autrui ce que l’on souhaite qu’il soit fait à soi même ou « par soi même ».

Cette simplification peut paraître arbitraire, mais elle permet d’examiner les conditions d’application de notre règle : « Etre à l’écoute de chacun ».

C’est bien sûr en loge que l’on découvre le rôle essentiel d’un frère chargé de ce rôle de grande importance indissociable  de la loge, le rôle du frère Hospitalier (voir ma planche du 10 janvier 98) Cette règle, touchant en plein à la solidarité n’est bien sûr pas limitée aux frères de la loge, une poursuite de nos interventions doit se faire sentir dans la vie profane.

J’irai plus loin, les problèmes qui dépassent malheureusement notre domaine d’intervention, ceux entre les nations par exemple sont du rôle du grand hospitalier qui doit se charger des actes de solidarité requis bien sûr envers les maçons mais aussi je le répète au delà, ceci évitera l’ éparpillement des efforts, les retards dans les décisions et la revendication des mérites personnels déplacés.

Le terme de solidarité n’a jamais réussi à entraîner des actions très puissantes : pourtant quand vous entendez les exhortations pontificales ou les recommandations du secrétaire général des nations unies quand vous entendez l’ensemble des programmes politiques des gouvernements des ouvres généreuses d’auteurs jouissant d’audiences larges, même les déclarations des francs-maçons eux-mêmes ; rien ne se déclenche pour enrayer le phénomène : parce que la règle n’a pas été inscrite dans leur nature profonde Les mots doivent être justes. Il ne suffit pas de dire : Mange à ta faim, Aime tes proches, rien ne se produira, mais si vous dites : Si tu peux manger, partage avec celui qui n’a rien pour se nourrir ou plutôt. Aime ton prochain parce que les hommes se conditionnent les uns aux autres.

Dans ce cas, vous résolverez leurs problèmes.

Osons une conclusion : Quand une branche tombe de l’arbre, qu’une voiture renverse un piéton on incrimine les lois physiques, on met en garde les enfants contre les périls naturels.

Mais quand un homme meurt de faim ou qu’un autre manque d’affection, on incrimine les lois de la société.

Et la société, c’est  NOUS, c’est TOI, LUI ou MOI qui agissons à tord ou pêchons par omission ou tout simplement qui ne savons pas  comment nous comporter en tant que membre de la société.

Ces carences humaines dureront-elles éternellement ? NON. L’espoir peut naître si nous en sommes convaincus, surtout s’il y a Franc Maçonnerie c’est que les lois de l’interdépendance entre les hommes y sont reconnues. Le franc maçon ne prônerait pas la solidarité s’il n’était pas convaincu de ses vertus au sens le plus élevé du terme.

La Franc Maçonnerie doit encore et toujours définir des vertus et les approfondir. Elle y parviendra en travaillant et travaillant encore. Dans l ‘effort et la recherche on trouve la SOLIDARITE et les hommes qui la composent et selon l’accomplissement de l’ouvre à laquelle ils se sont voués.

Les F M travaillant sur eux mêmes amélioreront leur TOLERANCE, vivront leur AMOUR, distilleront la SOLIDARITE. Ces vertus se doivent d’ être développées à l’extérieur ou simplement canalisées dans les associations ou regroupement qui, déjà sont composées de membres dévoués et motivés. La maçonnerie ne servirait à rien si l’on n’ amenait pas à expliquer à l’extérieur ou se situe l’amour des hommes et pourquoi ils doivent être solidaires dans la tolérance.

Si cette petite parcelle du cour que je vous offre ce midi pouvait servir à faire fructifier cet amour, peut être alors les valeurs matérielles sans être oubliées ne seraient pas votre première préoccupation. Alors là, même un sourire, une main tendue deviendraient sincères et véritables sans pensées négatives ou dominatrices qui elles, n’ont jamais fait progresser l’humanité.

J’ai dit.

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