Le rite

Auteur:

S∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Ce soir je vais essayer, sur les conseils de notre vénérable maître, de vous parler de ce que nous essayons de pratiquer du mieux que nous pouvons, chaque fois que nous venons en loge, cette sorte de litanie, qui nous aide à sortir du monde profane, pour atteindre ce lieux qui deviendra très éclairé, cet élément indispensable pour y arriver, ce ciment qui nous unit, c’est le Rite.

Le rite est un mot venant du sanscrit riti qui signifie « dispositions usages ». Le rite se veut être une action communautaire humaine ou l’initié apprend à l’initié, c’est un complexe de gestes, de paroles et d’actions, la plupart du temps symbolique. On rencontre des rites essentiellement dans les communautés dispensant un enseignement comme étant traditionnel et fermé. Le rite est incontournable dans les sociétés religieuses et ésotériques. Les sociétés initiatiques reprennent les mêmes éléments symboliques, vecteurs des enseignements sacrés et, secrets.

Les mots de passe, les noms sacrés, les formules de reconnaissance ainsi que l’utilisation des nombres, ou le recours au serment et au secret sont l’héritage d’un passé rituel remontant à des temps immémoriaux.

A l’âge de pierre, l’homme tournait autour de mégalithes invoquant le soleil, la lune ou les astres, persuadés qu’ils étaient de l’existence de puissances obscures dont les forces les dépassaient. Plus tard ils sont arrivés à une constatation, qui était que les Dieux pouvaient mourir ou s’affaiblir d’où le développement de rites dédiés à régénérer les Dieux ou à les soutenir pour vaincre les puissances de la mort.

Repris par les sociétés initiatiques les plus exigeantes de l’Égypte antique, en passant par les mystères grecs pythagoriciens, ou même chrétiens. La magie entrait en compte dans un ensemble de pratiques rituelles permettant aux chamanes et aux sorciers initiés d’agir dans l’ordre de la puissance surnaturelle.

Tout naturellement les centres initiateurs se sont appuyés sur les religions de leur temps. Car leur fonction et leur vocation consistent à préparer le cherchant à sa confrontation avec les mystères de la divinité et de l’homme comme ceux de la vie et de la mort tel le mythe de Maître Hiram. Il est souvent une mise en œuvre du renouvellement de la création : tel l’acacia sacré de l’ancienne Égypte, représentant la renaissance du dieu Osiris.

Que les sociétés initiatiques ou religieuses recourent aux mêmes symboles n’est pas exceptionnel, car l’homme réagit souvent de la même manière sur un même symbole, et ceci quel que soit son époque, sa race, sa religion. Ce qui fait que lorsque l’homme veut investir l’univers de l’être, il recourt systématiquement à des figures et des symboles semblables, il en est de même pour la gestuelle cérémonielle aussi, force est d’admettre qu’un symbole à et aura toujours une même signification, lorsque nous donnons une interprétation différente, cela signifie tout simplement que nous n’avons pas acquis le même degré de connaissance de ce symbole.

Le phénomène religieux tout surnaturel qu’il est par définition à aussi un coté naturel qui à sa manière se porte garant de la véracité du phénomène. Je veux dire que la religion ou la sagesse sont naturelles pour l’homme, ce qui fait que l’homme ne serait pas l’homme s’il ne comportait pas dans sa nature un terrain d’éclosion pour l’absolu.

Ce qui va conduire l’homme, si les circonstances et les conditions sont requises à manifester un jour, sans qu’il puisse se l’expliquer, un intérêt certain pour les symboles ou les cathédrales, ou les pèlerinages voir même le désir de se rendre sur certains lieux et s’éveiller à la vie spirituelle sacerdotale ou prophétique. De même pour le profane, qui un jour se sent attiré par la maçonnerie, sans qu’il puisse expliquer sa motivation et dans la plupart des cas sans savoir ce qu’il va trouver, ni ce qu’il cherche.

Lorsque cela arrive, quand la foi arrive, il ne cherche pas à se renseigner réellement, à comprendre ce qui lui arrive, car l’homme a du mal à appréhender ce qui le dépasse, dans l’univers et la vie, il n’est pas étonnant de penser qu’une élite ait eu à transmettre ces connaissances mystérieuses par le moyen de gestes de mots de signes ayant un sens voilé voire caché à leurs disciples, ces derniers chargés de les vivres et de les retransmettre à leur tour, tout en restant caché afin d’éviter que la masse des hommes qui refusent l’éveil ou la reconnaissance de leur véritable nature.

Pour nous dans l’univers de l’initiation, qui au demeurant s’assimile à une pratique religieuse, ils concrétisent le passage du profane au sacré, tout comme les rituelles religieuses permettant à l’homme de participer à l’univers du sacré. Les pratiques fondées sur les analogies entre les éléments du cosmos, du monde et de l’homme sont naturelles et fondamentales dans le monde de l’initiation, car bien que la forme rituelle aille du plus simple au plus élaboré n’y change rien, pensaient les grecs anciens, qui a mon sens sont les premiers grands initiés.

Le rite ne peut en aucun cas être comme le pensent certains l’expression d’un langage des sentiments d’un symbolisme poétique et artistique. Ce ne serait pas connaître le sens du rite qui doit être vécu à fond. Car sa fonction est d’éveiller, de perpétuer certaines Lois et principes agissants en relations avec les mondes dans lesquels la vie s’exprime, se transforme. Il demeure essentiellement une répétition rituelle de ce qui fut déjà annoncé ou accompli par la divinité.

La bonne connaissance du rite, permet de rentrer complètement dans le mystère célébré, et ce qui fait que la richesse de certains rites est telle qu’aucune tradition ne peut en épuiser l’expression. C’est pourquoi aucun rite ne peut être modifié, ou manipulé même par l’autorité suprême sans rechercher si la modification respecte, je dirais la liturgie et ce dans l’obéissance et le respect du mystère.

Que se soit les rites qui ont pour finalité de faire entrer dans un univers régi par un modèle sacralisé ou divin, comme les rites de passages créés pour Osiris ou Hiram, ou que ce soit des rites agraires qui s’exercent toujours de nos jour à l’occasion de la saint jean d’été, ou bien même les rites de passage universels en usage dans toutes les sociétés, il s’agit toujours de marquer une rupture liée aux évolutions, à un changement de condition, à l’entrée dans une nouvelle existence, bien que se manifestant sous des formes et des pratiques différentes selon les milieux, les zones géographiques ou les religions, on retrouve les mêmes nécessités de marquer solennellement la mort d’une période d’existence puis de sacraliser l’entrée dans une nouvelle phase de vie ou passage d’un état à un autre.

Donc si l’on répand de l’eau sur de la terre pour qu’elle devienne fertile, et qu’elle produise une récolte abondante, qui va permettre aux populations de vivre durant une année tranquille, ou, que l’on verse cette même eau sur la tête du nouveau né lors de son baptême, il y a une correspondance de même nature, les tribus ont besoin de cette eau symbolique, laquelle en réaction va attirer la pluie et permettre ainsi de maintenir la vie animale, végétale et humaine dans la région, et dans le deuxième cas, l’eau introduit le baptisé dans une nouvelle vie, cette entrée est reconnue par toute la communauté chrétienne.

Nous avons une interaction entre ces deux actions, une action qui passe de l’un a l’autre, et cette interaction c’est l’eau, sans laquelle aucune vie humaine n’est possible, et sans l’homme il n’y a pas de baptême, cet élément liquide devient le médium qui permet la vie physique et l’entrée dans la vie spirituelle, voila pourquoi l’eau est devenue l’emblème de la vie sous toutes ses formes. En effet lors de l’initiation d’un profane, nous lui faisons subir la triple épreuve de l’eau, qui signifie qu’après la mort symbolique au monde profane dans le cabinet de réflexion, et avoir écrit le testament philosophique et moral, nous renaissons à une vie nouvelle, une vie maçonnique.

Des initiations africaines, aux circoncisions juives et musulmanes, au baptême des chrétiens, nous assistons toujours à un passage, à l’abandon d’une condition d’existence à l’entrée reconnue de fait et fêtée par toute la collectivité, dans un nouvel état de vie. Les sociétés initiatiques ne dérogent pas à ce principe, que ce soit pour la réception d’un nouveau membre comme le passage à un autre niveau ou degré, qui fait l’objet d’une même solennité, d’un transfert de connaissance et de secrets particuliers, le nouveau reçu bénéficie immédiatement de la reconnaissance de son nouveau statut, on l’agrée et on le fête en lui faisant prendre la place d’honneur.

Si les langues, les cultures sont différentes, le contenu de la tradition reste identique. Tout comme l’héritage sacré de la foi catholique contenu dans la sainte tradition et dans les écritures saintes a été confié par les apôtres à l’ensemble de l’église. En restant fidèle à l’enseignement des apôtres, et à la communion fraternelle, à la fraction du pain, si bien que dans le maintien, la pratique, et la confession de la foi transmise, s’établit, entre pasteurs et fidèles, une singulière unité d’esprit.

Il en va de même, lorsque nous faisons notre profession de foi, en se rappelant les principes capitaux de notre ordre, la réunion des hautes valeurs morales, la concorde universelle, ainsi que l’amélioration de l’homme et de la société

J’ai dit

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