Le Coup de Merlin
Non communiqué
Sous les Auspices de la Nature Sacrée, sous la Protection du Prophète des Forêts
Que le prophète des forêts m’assiste dans cette démarche qui commencera par un peu d’histoire, se poursuivra par un peu de Symbolisme, pour atteindre le coup de Merlin.
La hache est un objet mythique, à la fois anépigraphe et très révélatrice elle est chargée de peine, d’ espoir, de peur. Elle frappe et tranche, vive comme l’éclair, avec bruit et parfois même avec des étincelles; c’ est sans doute ce qui l’ associe dans bon nombre de cultures à la foudre, et de ce fait à la pluie.
De l’outil indispensable pour certains au quotidien, elle devient symbole de vie sauve chez le sapeur pompier, symbole de mort chez le bourreau, symbole de paix ou de guerre chez les Indiens d’ Amérique; de crainte revancharde sous Clovis; de résistance à l’ oppression chez Jeanne Hachette, de justice chez MOCHTA le charpentier.
–Jeanne Laisne Hachette, dite Fourquet née à Beauvais vers 1456, défendit Beauvais, assiégée par Charles le Téméraire en 1472.
–Mochta le charpentier mettait dans un feu de prunellier sa hache de bronze; il la passait ensuite sur la langue de l’ accusé; s’ il n’ avait menti, le coupable n’ était pas brûlé du tout.
La hache est aussi l’ outil prioritaire et indispensable du pionnier,c’est le seul qui permette de construire soi même sa maison, à savoir: murs, charpente, toiture de bardeaux, mobilier rudimentaire et aussi de préparer le bois pour se chauffer.
Dans un premier temps, la hache de pierre est devenue silex taillé puis os. Le cuivre apparaît il y a environ quatre mille ans mais, il se tord et s’émousse sous les coups car trop fragile et malléable comme l’apprenti, mélangé à l’étain, cela donne le bronze. L’homme fait fondre ce métal dans un creuset de terre, puis le verse dans un moule de pierre en deux parties. La hache est ainsi un des premiers objets à être moulé, elle reste à la fois outil et arme aisément reproductible, là aussi indispensable à la survie de l’homme et dans les deux cas, elle devient meilleur compagnon.
Il faut attendre l’apparition du fer pour trouver des taillants qui restent efficaces et coupants avec les bois les plus durs, sa naissance se situe vers 1200-1100 avant JC en Caucase ou Anatolie (du Grec Anatolé: levé du soleil).
– Anatolie: nom souvent donné à l’Asie mineure désignant parfois l’ensemble de la Turquie d’Asie de l’époque.
Ce fer, ou plutôt, le travail du fer migre avec les peuples vers l’occident et atteint l’Europe centrale en Hongrie et en Autriche.
La hache de métal est alors
l’ambassadrice de la
modernité.
Pratiquement toujours composée d’une tête avec une
nuque et un œil, d’un lame
ou planche avec tranchant et quelquefois encoche; le tout
assemblé sur un
manche plus ou moins dur, plus ou moins long, plus ou moins
formé.
A l’époque, le fer, est considéré comme un métal précieux, il est réservé aux bijoux ou aux décorations de beaux objets, il ne faut cependant pas oublier la civilisation de Hallstatt ou Hallstadt, et bien que les mines de sel aient été le fondement de la prospérité de la région, c’est la station éponyme du premier age du fer, de 750 à 450 avant JC et qui vient du lieu même, dont le sol est très riche en limonite, ce minéral de fer très recherché.
– La limonite est une des variétés de l’Hématite ou oxyde de fer naturel, dont il existe deux variétés: l’hématite rouge ou Oligiste et l’hématite brune ou Limonite.
Grâce au fer la civilisation de Hallstatt
va
devenir très prospère et se développer
véritablement, elle correspond à la
période de la Tène ancienne.
La Tène est un village suisse, à l’extrémité orientale du lac de Neuchâtel, devenu également site éponyme du second âge du fer de 450 avant JC au début de notre ère.
–Hallstatt ou Hallstadt (bourg d’Autriche dans le Salzkammergut).
–Eponyme: qui donne son nom.
–L’Apogée de la civilisation Celtique se situe aux époques de Hallstatt et de la Tène. Elle fait suite à “la civilisation des champs d’Urnes” (anciennement civilisation de la Lusace) cette dernière est dans toute “l’Europe” l’épanouissement de l’age du bronze, elle est souvent rattachée à la première phase de la période suivante; puisque les dernières phases de la culture de Urnfield fut baptisée “de Halstatt”. Mais dans quelle mesure les Champs d’Urnes ne sont’ils pas déjà Celtiques ou Pro-Celtiques ?
Mai la réduction des minerais affleurants, limonites des terres brunes ou rouges et les oxydes provenant des marais, donnent des résultats assez aléatoires.
Ce sont les Celtes qui, bien que
démarrant plus
tard, vont mettre au point des techniques; qui leurs permettront de
rattraper
leur retard vers le 4è siècle avant JC,
à la fin de la Tène ancienne. Le
travail du fer est réservé à une
élite, à ceux qui maîtrisent, et les
forgerons
Gaulois deviendront les meilleurs techniciens du fer et de l’acier,
faisant
évoluer les formes et la dureté.
Par la suite, ce sont les Gallo-Romains qui créeront le fer acéré, et celui-ci atteindra son plein épanouissement aux 18è et 19è siècle quand les Taillandiers disséminés dans toutes les provinces, créeront leurs propres formes pour chaque métier, en fonction des besoins; que ce soit une hache particulière ou un marteau, voir d’autres outils.
– Taillandier: forgeron qui réalise plus particulièrement des outils tels que haches, marteaux, etc.
Il est cependant une hache qui n’existe pas, et pourtant oh! Combien célèbre, qui ne fut jamais créé, c’est la hache du bourreau. Hache “symbolique” s’il en est, c’est en fait l’utilisation d’un taillant très précis qui a été fabriqué pour tout autre chose: par exemples une hache de chais, un doloir de charpentier ou de tonnelier, voire un coupe paille. Bien sur ces outils précités et bien d’autres, ont ou auraient pu facilement décoller une tête, mais ils n’ont pas été conçus pour le bourreau et l’affirmation qu’il existerait des haches de bourreau, tient plus du folklore que de la vérité historique; par contre, que les bourreaux aient utilisé tel ou tel instrument, en fonction de leurs aptitudes à les manipuler, c’est fort possible (je préfère moi-même certains ciseaux à bois que d’autres, les bûcherons ont aussi des préférences pour telle ou telle hache).
Symbole de pouvoir, de justice, de paix, la hache ne pourrait-elle aussi symboliser la connaissance?
Il me semble que lorsque l’on reçoit un coup au front, on nous donne bien accès à une forme de connaissance, comme pour faire ressurgir le bien ou le bon qui sommeille à ce moment de l’initiation.
En matière de symbole, la hache se retrouve, au deuxième degré de certaines loges bleues au sommet d’une pierre cubique. Egalement, elle est solidairement insérée dans le rituel du Rite Ecossais Ancien Accepté au 22è degré, celui de Royal Hache. 22è qui trouve sa correspondance au 23è de Memphis. Dixit certains documents consultés.
– Chevalier Royal hache ou Prince Liban (Rituel d’une légère incursion forestière, par la légende liée à la forêt du Mont Liban. (Le lieu exact m’est inconnu?). Au REAA, le collège de ce degré est divisé en deux parties: l’Atelier du Mont Liban et le Conseil de la Table Ronde. Le bijou porté à ce grade est une petite hache d’or et une couronne.)
Il semble que dans le folklore breton (Mell Beniquet), la hache suggère un caractère sacré allié à la notion de sacrifice, et qu’au grade de Mark Masson, la hache soit l’instrument du châtiment et de la vengeance.
J’ai lu que les peuples celtiques, des
époques de
la Tène, assénaient un coup de la nuque de la
hache ou de masse sur le frontal
ou l’occipital des prisonniers, qui étaient ainsi
tués net. Leur dépouille
était ensuite insérée dans un
mannequin d’osier préparé à cet effet,
puis suspendu
au-dessus d’un feu central ou il prenait feu; il y a la, me semble
t’il, une
liaison entre le coup de Merlin et brûlé le
mannequin, puisque l’on avait ainsi
détruit et brûlé le mauvais
côté de l’homme, donné la mort au
mauvais pour que
soit préservé le bon là aussi, pour
que vive ou survive le bien, fameux coupe
de Merlin. Je vous informe que cela existe toujours, comme à
la CARMANTRAN.
Et puis, ce coup de Merlin, serait-il la clef du
chantier, ce “coup de nuque sur le front”,
asséné avec une énergie virile (a ne
pas confondre avec l’eunuque, sans énergie virile et chez
qui fut utilisé le
tranchant). Ce coup de Merlin disais-je, serait-il un coup de foudre
par
transmission de la lumière aveuglante du savoir ou le
briquet, sincère, se fait
allumer, ou dois – je voire dans ce coup rituel de masse, le
simple geste qui
marque le passage entre la vie et la mort, entre la mort et la
renaissance, ou
d’une vie vers une autre vie, et même, la vie au sein
même de la mort.
Equilibre des choses.
En tout cas, quel coup d’éclat, quel coup de tonnerre semblable à l’éclair dont je parlai plus haut et semblable aussi au contact du fer, par lequel LUCHTA traquait le mensonge faisant ainsi place à la vérité, comme le faisait Mochta le charpentier.
– Luchta: (druide irlandais) avait
demandé sa
méthode à Mochta.
–Clef du chantier:
coup de hache sur
un arbre.
Ce coup de Merlin est, indubitablement “passeur”, c’est l’instant du passage par les transformations qu’il accomplit; comme en partant de la limonite, matière brute et morte, prisonnière de la terre, du minerai de fer qui passe par le charbon et devient acier, pour atteindre la perfection, la vie. J’ai été “prisonnier”, et par ce coup de Merlin vous m’avez transformé en me libérant le passage vers la vie, signe important de l’intervention extérieure nécessaire à la création individuelle, et qui donne la mesure du temps où nous passons vers l’éternité; c’est forger l’esprit avec rudesse, certes, mais aussi avec hospitalité car ce n’est pas un coup “tordu”, c’est plutôt l’ouverture des portes pour entrer dans le monde des interprétations symboliques pour aller plus loin.
Ce coup de Merlin au symbolisme lié à la vie et à la mort, ne représente t’il pas également, la libération de la lumière du jeune soleil, qui préside à la reprise des activités en fin de saison sombre, et qui illumine l’esprit de l’initié, par le rayonnement qu’il reçoit du cercle en devenant adulte, et qui dénonce la force néfaste de l’ignorance confrontée à la connaissance.
Ce passage qu’accompli le profane vers le
sacré de
la nature dont le maître se nomme Merlin si je ne me trompe?
Personnage
essentiel de la tradition spirituelle d’une civilisation, qu’il me
semble bon
de découvrir avec votre aide mes bons cousins, et puisais-je
avoir la capacité
de lire les éléments du monde, car je subodore la
perfection déroutante d’une
civilisation lointaine, de ces peuples disparus ou ignorés
dont “nous” ne
savons presque rien, puisque mal connue malheureusement, en raison des
lacunes
inhérentes au farouches maintient de la seule transmission
orale. L’Histoire
Celtique est silencieuse et le Mythe, me semble t’il, n’a pas
d’Histoire,
cependant, ce n’est pas une brassée de hasards qui anime mes
sentiments
d’aujourd’hui.
Prendre un coup de Merlin, c’est être “baptisé” cousin, pour travailler à cette œuvre d’avenir au service de l’homme pour une humanité d’une autre qualité et faire savoir qu’elle puise ses sources au sein du plus profond, du plus ancien et peut être du plus authentique et qui remonterai, pourquoi pas, a l’âge des métaux.
Par ce coup de Merlin, j’entre dans le cercle, c’est aujourd’hui comme hier, partir à la recherche de soi afin de réaliser ses propres potentialités, en toute liberté, avec et pour les autres; c’est, quelle que soit sa place ou sa position sociale, avoir les mêmes devoirs et les mêmes droits; c’est se sentir responsable et solidaire de l’ensemble et sous le sceau du Coup de Merlin avec des “C et M” majuscules, “Cousin Maître” représentatif.
Alors puisque Merlin c’est aussi l’arbre, fil à plomb conducteur d’énergies, puisque l’arbre c’est aussi le cercle, d’où la fumée s’échappe à “fendre l’air” tel un autre fil à plomb, et puisque je dois conclure, je pense que les racines de cet arbre sont ses traditions ancestrales, que le tronc et toutes ses couches, aussi différentes les unes que les autres, sont chacun de nous, que les branches représentent l’étendue de notre diversité et du savoir qui en découle, le tout scellé par ce coup de Merlin.
Rassurez-vous, mes chers cousins, ce n’est certainement pas sur cet arbre que j’abattrai un Coup de Merlin, bien que Merlin d’un coup, se soit abattu sur moi, je continuerai de la planter sur le billot qui se trouve devant moi, aussi sacré soit’il.
Au coup de Merlin
Mes chers cousins
Que la hache rassemble
Car est-il de plaisir plus flatteurs
Que de bien fendre ensemble
En séduisant l’esprit,
Sans corrompre les mœurs
Mort. Passage, Vie…
Bonne vie mes bons cousins…
A l’avantage.
