RETROUVER CE QUI N ETAIT PAS PERDU……
F∴ S∴
RETROUVER CE QUI N ETAIT PAS PERDU……
Très Excellent Zorobabel,
Bien Aimés Compagnons,
Lors d’un précédent travail, j’ai été conduit à réfléchir à ce chemin intérieur qui prépare l’homme à la Connaissance.
J’ai alors compris qu’il ne s’agissait ni d’une méthode, ni d’une technique, ni même d’un savoir que l’on pourrait posséder.
Il s’agit avant tout d’une disposition intérieure.
Non pas accumuler, non pas conquérir, mais se rendre disponible.
Car la lumière ne se produit pas. — Elle se reçoit. —-
Ainsi, ce chemin ne consiste pas à ajouter quelque chose à notre être, mais à retirer ce qui l’encombre.
Il apparaît alors comme un travail de dépouillement.
Un travail par lequel l’homme apprend peu à peu à se désidentifier de ce qui n’est pas essentiel, afin de ne plus se prendre lui-même pour son propre centre.
Ce mouvement correspond à un effacement intérieur, par lequel un espace peut se créer, et laisser place à ce qui le dépasse. —
Ainsi, il ne s’agit pas de s’élever par ses propres forces, mais de consentir à être travaillé.
Un autre aspect de cette réflexion m’a d’abord troublé.
Il y est suggéré que ce chemin n’a pas pour finalité de transformer l’être.
Cela peut sembler paradoxal.
Mais peu à peu, il apparaît que l’essentiel n’est pas de devenir autre, mais de laisser apparaître ce qui est déjà là.
Non pas construire, mais dévoiler.
Cette compréhension prend une profondeur particulière lorsqu’elle est relue à la lumière de l’Arche Royale.
Car dans ce Rite, ce qui est retrouvé dans les fondations du Temple n’est pas une réalité nouvelle.
Le Nom n’a pas été créé. — Il n’a pas été fabriqué. —
Il était déjà présent dans le fondement, mais recouvert, oublié, enfoui sous les décombres du temps.
« Nous avons retrouvé ce qui était perdu. »
Mais peut-être faut-il aller plus loin encore dans la compréhension de cette perte.
Car ce qui a été perdu n’est peut-être pas le Nom lui-même, mais le sens véritable de ce qu’il désigne.
Non pas une absence du Nom, mais un oubli de l’Unité qu’il révèle.
Ainsi, la redécouverte ne serait pas seulement celle d’un Nom caché, — mais celle du Dieu unique, —
que l’homme avait cessé de reconnaître dans sa plénitude.
La recherche ne consiste donc pas à produire la vérité, mais à dégager ce qui était recouvert.
Ce travail ne se fait pas dans l’abstraction.
Il se vit dans le rituel, et dans la fraternité.
Chaque geste, chaque parole, chaque silence, devient alors opératif, à condition d’y être réellement présent.
Le rituel agit comme un miroir, renvoyant l’homme à ce qu’il est en profondeur.
Et ce travail ne se fait jamais seul. — Il se vit dans la communauté des Frères, unis autour d’un même centre.
C’est en relisant cette démarche à la lumière de l’Arche Royale que son sens apparaît avec plus de clarté.
Dans cette tradition, le travail prend la forme d’une descente.
Avant toute découverte, — les Compagnons doivent descendre sous les ruines du Temple.
Ils doivent creuser dans l’obscurité, retirer les pierres effondrées, dégager patiemment ce qui est enfoui.
« Cherchons et fouillons jusqu’à ce que nous ayons trouvé. »
Munis de la pelle, de la pioche et de la barre de fer, ils travaillent humblement, sans construire, mais en dégageant.
Ces outils simples expriment la nature du travail demandé : un effort persévérant, dépouillé, orienté vers le fondement.
Cette descente n’est pas seulement un épisode du rituel.
Elle représente le mouvement intérieur par lequel l’homme accepte de quitter les hauteurs apparentes, pour rejoindre ce qui le fonde réellement.
Car à l’Arche Royale, la lumière ne se trouve pas au sommet, mais dans la profondeur.
La ruine du Temple de Salomon peut alors être comprise comme la conséquence d’un éloignement du Principe, — comme si l’homme, en se détournant de l’Unité, — avait laissé s’effondrer ce qui le reliait au fondement.
Ainsi, redécouvrir le Nom, c’est retrouver ce qui n’a jamais cessé d’être, — mais que l’homme avait cessé de reconnaître.
Peut-être est-ce là le sens profond du travail qui nous est confié : non pas construire une vérité nouvelle, — mais dégager patiemment ce qui,– depuis l’origine, demeure inscrit dans le fondement du Temple et dans le cœur de l’homme.
Si l’on relit ce chemin à la lumière de l’Arche Royale, — il apparaît comme une préparation à cette redécouverte.
Un appel au dépouillement, au silence, à la disponibilité.
Une invitation à cesser de se prendre pour son propre centre, — afin de laisser apparaître ce qui est.
Car la vérité ne se conquiert pas. — Elle se révèle.
Et ce travail patient, silencieux, fidèle, conduit peu à peu à dégager ce qui était enfoui.
À la lumière de l’Arche Royale, il peut être compris comme une redécouverte progressive de la pierre angulaire cachée dans le fondement du Temple.
Ce qui soutient l’édifice n’est pas visible au premier regard.
Il faut descendre, chercher, dégager patiemment.
Et peut-être alors, l’homme retrouve en lui ce centre invisible qui, depuis l’origine, demeure intact.
Alors seulement peut apparaître ce qui, depuis toujours, demeurait caché dans le fondement. —
« La lumière reparaît dans les ténèbres. » ——
J’en ai terminé.