Petite Théorie de la Praxis

Auteur:

F∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Petite Théorie de la Praxis



A la Gloire du Grand Architecte de L’Univers.
Respectable Député Maître.
Et à vous tous mes Biens Aimés Frères.

Petite Théorie de la Praxis d’après un travail de notre Très Respectable Frère JL Duquesnoy repris sur le Notuma N° 28.

Permettez-moi mes Biens Aimés Frères de vous rappeler ce qu’est la « Praxis ».

La Praxis, telle que nous la livre le T R Frère J.L Duquesnoy, n’est pas une méthode que l’on applique, ni une théorie que l’on maîtrise.

Elle est d’abord une disposition intérieure, une attitude de disponibilité, un espace de dépouillement.

Elle ne vise pas à produire, mais à laisser advenir. Elle se reçoit plus – qu’elle ne se construit.

Elle désigne ce chemin subtil – où le silence ouvre l’écoute, où l’écoute rend l’âme disponible, et où cette disponibilité ouvre à la Présence, – ou à ce que certains appellent le divin.

Il ne s’agit donc pas d’agir pour obtenir, – mais de se rendre disponible à l’Être, et de laisser le Rite, ou la Lumière – travailler en nous.

« La Praxis est un ensemble de moyens, pour lever les obstacles à la Connaissance, de telle sorte qu’elle accède à nous. »

C’est alors – que la Praxis devient purification, accueil, offrande.

Si je me tiens devant vous aujourd’hui, c’est que j’ai accepté, non sans appréhension, de me laisser travailler, c’est-à-dire, de ne plus résister à l’action du Rite en moi, mais de m’ouvrir à sa puissance silencieuse, par un texte que je croyais austère, trop conceptuel, presque hors de portée.

Et pourtant, au fil des relectures, il a commencé à résonner, non comme une théorie morte, mais comme une parole vivante, exigeante, parfois déroutante, mais profondément initiatique.

Dès les premières lignes, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de penser la Praxis, mais de m’y engager.

Et c’est de cela que je souhaite témoigner : d’une rencontre personnelle.

Ce texte m’a d’abord déplacé, puis en vérité, bouleversé. Non par fracas, mais par la douceur de ce qu’il révélait.

La Praxis, dans ce cahier, n’est ni un faire, ni un devoir, ni un projet.

Elle est disposition à l’éveil, – abandon du moi qui veut maîtriser, – silence consentant du cœur.

Elle n’est pas activisme, ni contemplation figée, – mais mouvement profond vers l’éveil d’une présence en nous, que le moi ne peut ni créer, ni diriger.

Elle est, – à certains moments du texte, bouleversante de vérité silencieuse.

Ce que j’ai surtout reçu, c’est que le travail Maçonnique – n’est pas une volonté de progression, mais une offrande patiente, une mise à nu, un consentement à ne plus occuper le centre.

Cela m’a interrogé : combien de fois, en Loge, ai-je voulu bien faire, paraître à la hauteur, produire un effet.

La Praxis, elle, ne demande rien de cela. Elle dépouille, puis attend.

Elle ne récolte pas, elle s’oublie.

Et cela demande une confiance que je n’avais pas imaginée.

Une confiance nue, sans garantie, qui accepte de ne pas savoir ce que produit le travail.

C’est un renversement intérieur : ne plus chercher à mesurer le fruit de nos efforts, mais consentir à être travaillé.

Et dans cette posture, quelque chose de nouveau s’ouvre : le goût du silence, non comme vide, mais comme plénitude cachée.

J’ai été frappé, par la manière dont le texte redonne sens au rituel.

Il dit que le rituel est lui-même une Praxis : non pas un code à appliquer, mais une disposition à recevoir.

Cela a ravivé ma manière de vivre l’Ouverture des Travaux, le Silence, les pas dans le Temple.

Il ne s’agit plus d’exécuter un rite, mais de se laisser former par lui, sans résistance, sans volonté propre.

C’est à cette condition, dit le texte, qu’il devient voie vivante de transfiguration.

Je mesure combien le rituel, n’est pas seulement une forme que nous honorons, mais une forme qui nous façonne – à condition d’entrer dans cette posture d’abandon intérieur.

Chaque mot du rituel, chaque geste, chaque pas, devient alors une pierre posée dans le Temple de notre intériorité.

C’est dans cette fidélité au rite, que l’Esprit peut enfin descendre.

Et ce travail, nous ne le faisons jamais seuls, – c’est dans la communauté des Frères, – dans le regard discret d’un Officier, – dans la main posée sur l’épaule, que la Praxis prend chair.

Il y a dans cette Fraternité plus qu’un lien affectif, c’est la reconnaissance d’un Père commun, d’un centre invisible qui nous fonde tous, et vers lequel chacun, en se rapprochant de lui, se rapproche des autres.

Mais cette Fraternité, ne se réduit pas à ces gestes de sollicitude fraternelle.

Elle est verticale avant tout.

Elle naît dans la prise de conscience d’un Principe qui nous dépasse, d’un centre invisible – le même pour chacun.

Ce n’est que dans cette verticalité que notre lien horizontal prend sens.

La Praxis trouve là son incarnation, non pas seulement dans le geste fraternel, mais dans le rappel que tout geste n’a de sens que s’il conduit à l’Un.

C’est pourquoi, dans cette Praxis que je tente de découvrir, je réinscris le Nom.

Ce n’est pas un principe neutre qui m’appelle à la dépossession, mais le Christ vivant, – le Verbe incarné, – ce Frère invisible et présent, même si le texte ne le nomme pas toujours.

Ce chemin n’est pas anonyme. Il est chrétien.

Il y a aussi une page du texte qui m’a longtemps résisté.

Elle parle : de mouvement qui n’a pas pour finalité un changement de l’être.

Cela m’a d’abord semblé contredire, l’idée d’initiation comme métamorphose.

Et pourtant, ce passage s’est révélé bouleversant.

La Praxis n’est pas une métamorphose, au sens d’un changement de structure comme si l’on devenait autre.

Elle est un chemin de purification, d’abandon, de silence – par lequel l’être retrouve peu à peu sa véritable nature divine, celle qui était cachée ou oubliée.

Elle n’est donc pas transformation, mais dévoilement.

Elle ne construit pas un autre homme : elle révèle le vrai.

Alors peut naître, dans cet espace nu, la voix du Maître intérieur, et le retour vers le Père, – car la véritable transmutation ne vient pas de nous, – elle advient à ceux qui cessent de vouloir maîtriser le processus, à ceux qui se laissent façonner dans le silence.

Mais j’ai compris qu’il ne s’agit pas de ne pas changer, – mais de cesser de vouloir se changer soi-même.

Le changement, – la véritable transmutation, ne vient pas de nous.

Elle advient à ceux qui cessent de vouloir maîtriser le processus, – et cela, c’est bouleversant.

Je découvre ainsi, que le vrai mouvement intérieur n’est pas celui que je produis, mais celui auquel je m’accorde.

Ce n’est pas l’agitation qui transforme, mais la justesse d’une présence.

Parfois, une simple écoute attentive d’un Frère, un silence partagé, – une Lumière perçue sans la chercher, deviennent des instants de vraie Praxis.

Et cette Praxis, – bien qu’invisible, est la matrice de notre véritable édification.

Enfin, j’ai aimé la manière dont la Praxis, selon ce Cahier, ne s’arrête pas à la Loge.

Elle rejaillit dans le quotidien, dans les gestes simples, les relations humaines, les instants où je peux choisir le juste au lieu du réflexe.

La véritable Praxis est une présence incarnée, pas une théorie.

Elle est un silence dans la parole, une paix dans le geste, une lumière dans l’ordinaire.

Dans la chaîne d’union, je prends conscience que mon être profond, ne tient pas par sa seule force, – mais aussi, grâce à l’union initiatique que j’entretiens avec mes Frères.

Ce n’est pas moi qui suis fort, c’est le lien qui me tient.

Et cette Fraternité-là, vécue dans le secret des cœurs, me rappelle que la Praxis, est ouverture, – offrande, – service.

Ce n’est pas l’homme qui agit, mais l’initié qui se laisse traverser.

Les travaux Maçonniques deviennent alors union de la pensée (Théoria) et de l’action (Praxis), où la réflexion s’incarne et l’acte s’élève.

La pensée Maçonnique, fondée sur la Fraternité, nous attire vers l’universel.

Je conclurai par cette conviction intime : la Praxis, telle qu’elle m’est apparue, est le nom discret du chemin initiatique.

Elle n’a pas besoin de grands discours.

Elle n’a même pas besoin d’être comprise.

Elle demande à être habitée.

Ça n’est pas une conquête, c’est une offrande.

Et elle ne se fait pas seul, car sans Frères, sans rituel, sans transmission, elle n’est qu’idée.

Grâce à eux, elle devient chemin.

À travers ce travail, je ne cherche pas à conclure, – mais à consentir.

Consentir à ce que l’on ne maîtrise pas, mais qui peut nous transformer si nous nous tenons prêts.

Alors oui, la Petite Théorie de la Praxis devient un chemin intérieur.

Et ce chemin, – je le reçois aujourd’hui avec gratitude, comme une clef déposée en silence, dans la main de celui qui chemine encore, dans l’humilité de la progression Maçonnique.

Merci, mes Frères, de m’avoir permis, par votre présence, de faire de cette lecture un acte vivant.

J’en ai terminé Respectable Député Maître.

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