Rôle et symbolisme des personnages du 9e degré au R∴E∴A∴A∴
J∴-B∴ M∴
A∴L∴G∴D∴G∴A∴ DE L’U∴
R∴E∴A∴A∴
ORDO AB CHAO
Au Nom de la F∴M∴ U∴ et sous les auspices du S∴C∴D∴G∴
DEUS MEUM QUE JUS
T∴ S∴ M∴, TT∴IILL∴FF∴ qui illuminez l’Orient et vous tous MM∴TT∴CC∴FF∴ Maitres Elus des Neuf en vos grades et qualités
La planche que j’ai le fraternel devoir de vous présenter ce soir s’intitule ‘’ Rôle et symbolisme des personnages du 9e degré au R∴E∴A∴A∴∴’’.
Pour aborder cette thématique je me propose de suivre le plan ci-après.
- Contexte rituélique
- Rôle et symbolisme des personnages du 9e degré
- Les enseignements que m’inspirent ces personnages
- Conclusion
1) Contexte rituélique
Alors que le roi Salomon s’entretenait en son palais avec des Maitres dont le nombre était supérieur à quatre-vingt-dix, assisté de Stolkin, intervient un Etranger qui est annoncé par Zerbal. L’Etranger connaissait le lieu où s’était réfugié l’un des assassins du Maitre Hiram et s’offrait d’y conduire tous ceux qui désiraient le suivre. Tous les Maitres présents se portèrent volontiers. Salomon en ressentit une profonde satisfaction et proposa de tirer au sort neuf Maitres pour se faire. Johaben fut désigné chef des élus. Les Neuf Elus partirent immédiatement à la suite de l’Etranger vers la Caverne ou s’était réfugié le meurtrier Abiram et de le ramener vivant à Salomon afin d’être châtié.
A ce stade on peut considérer que les personnages centraux sont Salomon, L’étranger, Zerbal Stolkin, Johaben, chef des neuf Elus et Abiram le meurtrier. Quel est le rôle et le symbolisme lié à chacun d’eux ?
2) Rôle et symbolisme des personnages du 9e degré
Détenant les trois pouvoirs, Salomon incarne de l’autorité divine et de l’ordre cosmique. Il ordonne, et pardonne. Il enseigne que la poursuite de la justice doit se faire avec mesure, dans le respect de la loi et sous l’égide de la sagesse supérieure, jamais sous l’emprise des passions individuelles.
Stolkin est celui qui avait découvert le corps d’Hiram après son assassinat. C’est une sorte de boussole de la conscience qui guide. Le sens du nom ‘’Stolkin’’ serait issu d’un mot hébreux composé signifiant ‘’Captif bien gardé’’ ou ‘’Prisonnier sous étroite surveillance’’. Il renvoie à l’idée de culpabilité et de crime caché qui finit par être découvert. Il représente la lumière portée sur la vérité, la découverte inévitable du crime qui finit toujours par être découvert. En résumé, Stolkin est la figure qui matérialise le moment ou le crime est mis à jour et ou la justice est mise en mouvement. Son nom et ses actions symbolisent l’inéluctabilité de la découverte de la vérité et la nécessité d’un châtiment qui soit ordonné, par opposition à une vengeance personnelle et désordonnée.
Zerbal le Capitaine de garde est celui qui annonce à Salomon l’arrivée d’un étranger porteur d’un secret de la plus haute importance. Il incarne l’instinct qui éclaire la conscience sur la voie de la vérité. En tant que chef de la garde, Zerbal incarne la vigilance, la fidélité absolue au souverain et le respect de la hiérarchie. Il représente la fonction de filtre qui protège le sacré des impulsions désordonnées. En introduisant l’Etranger qui détient un secret, Zerbal est aussi le garant de la transmission contrôlée des connaissances initiatiques.
Le 9e degré, Maitre Elus des Neuf appelé aussi ‘’Elu de Perignan’’ ou ‘’Elu de l’inconnu’’ met en scène un personnage mystérieux : l’Etranger et son chien. L’Inconnu ou l’Etranger est en général un voyageur, celui qui fait les pérégrinations ; Perignan vient en effet du latin peregrinus qui signifie étranger. Dans notre démarche initiatique nous somme étranger à nous même. C’est toujours une partie de nous qui nous est inconnue que nous devons connaitre en allant dans les profondeurs de notre propre intérieur ; c’est cela la caverne où nous retrouvons Abiram qui n’est qu’une partie de nous-même.
Le groupe de Maitres, plus de 90 Maîtres, tirés au sort représente la totalité de la communauté maçonnique mobilisé pour la justice, dont seule une petite partie est élue pour agir avec mesure car la justice maçonnique n’est pas rendue par un individu dans un acte de vengeance aveugle mais par un groupe délibérant. Le ‘’Neuf’’, nombre qui évoque la plénitude, fait référence ici au collège des Neuf Maitres chargés de la mission assignée par le roi Salomon. Ils incarnent l’idée de sélection au service d’une mission sacrée.
Dès le sixième degré Johaben apparait comme un personnage central. En effet, c’est lui qui permet la reconstruction du ternaire après la disparition du Maitre Hiram. Déclaré secrétaire intime du fait de son zèle mue par la fidélité et la loyauté au roi Salomon qui a intercédé pour lui, Johaben se montre de nouveau impétueux en transgressant les instructions de Salomon qui voulait que le meurtrier soit ramené vivant pour une justice collective. Il incarne nos différents états de conscience.
Le personnage d’Abiram incarne l’un des meurtrier d’Hiram ; c’est l’un des trois mauvais compagnons. On peut l’identifier à l’ignorance, à l’ambition ou au fanatisme selon chacun par rapport à sa propre introspection. Abiram est une partie intégrante de chacun d’entre nous qu’il nous appartient d’extirper. Pris ensemble, Johaben et Abiram représentent deux facettes d’une même personne qui mène une lutte intérieure contre ses propres défauts.
3) Les enseignements que m’inspirent ces personnages
A la suite de ce qui précède le 9e degré dégage des enseignements de très hautes valeurs morales dont je retiens principalement :
- La nécessité de punir tout coupable d’un crime
- La nécessité de ne pas outrepasser les ordres reçus
- La valeur du pardon et de la clémence
- La valeur de la solidarité
De la justice il est important qu’elle soit rendue sans préjugé ni impartialité comme nous l’enseigne le 7e degré prévaut et juge. La justice ne doit point s’apparenter à la vengeance. L’harmonie en nous même participe du respect des instructions reçues. C’est cela la maitrise des pulsions désordonnées, de la passion qui l’emporte sur la raison. Le pardon et la clémence nous enseignent notion de justice rédemptrice rappelant que celle-ci n’est pas seulement punitive mais aussi miséricordieuse. La solidarité est le fait de se sentir liée les uns aux autres comme notre chaine d’union nous l’enseigne. Il est ainsi essentiel d’avoir de vrais amis qui sachent vous défendre dans les occasions ou leur secours est nécessaire.
Par la mort d’Hiram, on voit que le crime ne doit jamais rester impuni et que tôt ou tard, le coupable doit être châtié.
Par le danger qu’a couru le trop impétueux Johaben, on perçoit ce que l’on doit craindre quand on outrepasse les ordres reçus et combien on doit être attentif à suivre ceux qui nous sont donnés.
Par le pardon qu’obtient Johaben on voit combien le cœur d’un bon roi se laisse toucher et combien un tel cœur est rempli de clémence.
Le 9e degré insiste sur la modération dans la poursuite de la justice. Personne n’a le droit de se faire justice soi-même. Les 90 Maitres, puis Neuf Elus servent à montrer que la justice doit être contrôlée par la sagesse et non par l’emportement.
Conclusion
En conclusion, le 9e degré, Maitre Elu des Neuf annonce les grades dits de vengeance. Il s’agit de châtier le premier des assassins d’Hiram. Il ne faut pas confondre l’assouvissement d’une vengeance avec l’idéal de justice et d’équité qui doivent triompher de l’ignorance et du fanatisme pour dépasser la loi du talion.
Le 9e degré est assurément le grade qui ouvre à l’action de l’accomplissement d’une mission de haute valeur morale. L’initié du 9e degré aspire à plus de spiritualité, de conscience et d’amour. En cela il peut affirmer la caverne m’est connue, le sort en a décidé.
T∴ S∴ M∴
J’ai dit